Indian Brook, NS

Shubenacadie/Indian Brook

Introduction/Historique

La Première Nation de Shubenacadie a été officiellement formée en 1820, lorsque la parcelle de terre connue maintenant sous le nom d’Indian Brook a été officiellement constituée en réserve. Les Autochtones utilisaient toutefois ce territoire depuis des siècles. L’histoire orale indique que les Mi’kmaq préparaient traditionnellement des excursions de chasse et de pêche à cet endroit et y tenaient des cérémonies et des rituels sacrés. Au cours des années 1700 à 1820, ce site est devenu un centre de mission et une communauté permanente où l’on espérait que les Autochtones adopteraient des moyens de subsistance plus modernes, y compris l’agriculture et l’artisanat. Vers le milieu du vingtième siècle, la réserve d’Indian Brook de la bande de Shubenacadie a été choisie comme lieu principal de centralisation dans la partie continentale de la Nouvelle-Écosse. Les autorités encourageaient les Premières Nations de toute la province à s’y établir en leur promettant des conditions de vie, des soins de santé et un enseignement améliorés. Cette politique de centralisation a été finalement abandonnée, mais bien des gens s’étaient établis dans cette réserve et Indian Brook demeure aujourd’hui l’une des plus grandes communautés autochtones de la province.

Profil démographique

La bande de Shubenacadie compte plus de 2 400 membres, dont 1 100 environ vivent dans la réserve. Le Recensement de 2006 révèle que la communauté est relativement jeune – près de 50 % de la population étant âgée de moins de 25 ans. La jeunesse de la population d’Indian Brook sous-entend le besoin immédiat et à long terme d’améliorer la situation de l’emploi et des autres ressources financières, pour faire en sorte que les membres de la bande de Shubenacadie vivent heureux, en santé et que leur vie ait un sens dans les années à venir.

La population d’Indian Brook comprend plus de 700 adultes, dont bon nombre ont reçu après leurs études secondaires une formation officielle ou poursuivi des études supérieures. On constate notamment que 145 membres de la bande vivant dans la réserve ont mené à bien un programme d’apprentissage, 95 ont obtenu un diplôme collégial ou non universitaire et 40 détiennent un grade universitaire. On signale aussi que beaucoup de membres de la bande ont suivi de nombreux programmes de formation dans le cadre d’initiatives gouvernementales visant à améliorer l’employabilité. Bon nombre de membres de la communauté considèrent toutefois ces séances de formation comme des solutions de fortune qui entraînent un surcroît de main-d’œuvre pour l’industrie concernée ou démontrent l’ignorance des obstacles additionnels auxquels sont confrontés les Autochtones lorsqu’il s’agit d’accéder à l’emploi, y compris les services de garderie, le transport et la crainte du racisme.

Malgré le fait que des membres de la communauté ont eu accès à une formation, dont une scolarité poussée, les revenus et l’emploi sont relativement peu élevés à Indian Brook. En 2005, les revenus moyens d’emploi se chiffraient à peine à 10 240 $ par personne, ce qui reflète à la fois le manque d’emploi et le caractère saisonnier du travail que peuvent obtenir les gens qui vivent dans la réserve. Il ressort du Recensement de 2006 que plus de 60 % des résidants d’Indian Brook comptent sur l’aide sociale et autres transferts monétaires gouvernementaux pour répondre à leurs besoins fondamentaux. Parmi ceux qui travaillent, beaucoup sont employés par la bande ou occupent des emplois soutenus par des subventions gouvernementales et autres programmes gouvernementaux; cette réalité reflète le fait qu’il y a dans la réserve peu d’entreprises ou d’initiatives privées pour stimuler l’activité économique.

Ressources

Les principales ressources à la disposition de la Première Nation de Shubenacadie sont ses terres et son emplacement. Même si tout semble indiquer que la réserve d’Indian Brook est une communauté rurale, son emplacement (à 60 km de Halifax et à 30 km de Truro) en fait un excellent point de départ pour travailler en ville. Évidemment, il faut que les emplois rapportent assez pour couvrir les frais de transport, y compris l’entretien d’un véhicule et l’essence nécessaire au déplacement, mais s’ils bénéficiaient d’une formation et d’occasions d’emploi appropriées, bien des résidants d’Indian Brook pourraient occuper un poste dans les régions plus peuplées, tout en continuant de résider dans leur communauté d’origine.

En plus de la communauté d’Indian Brook proprement dite, la bande de Shubenacadie est propriétaire de quatre grandes parcelles de terre : New Ross, Pennal, Grand Lake et Wallace Hills. Grand Lake et Wallace Hills, celle-ci ayant été rendue à la bande de Shubenacadie en 2011, sont perçues comme ayant un grand potentiel économique. Wallace Hills, située en bordure d’une autoroute à forte circulation, fait l’objet d’une planification de développement commercial, qui pourrait s’accompagner d’une composante résidentielle. La planification n’en est qu’au stade initial, mais les possibilités de revenus sont vastes.

Grand Lake (désignée officiellement par l’appellation Shubenacadie 13) est une parcelle de terre située en bordure d’un beau lac, à proximité de la municipalité régionale de Halifax. Là aussi, les possibilités de développement commercial sont vastes. Il faudra consulter la communauté de Grand Lake ainsi que les membres de la bande avant de mettre des plans à exécution. De plus, il faudra négocier l’aménagement de routes donnant un accent direct au site à partir des voies publiques.

Développement économique

Par le passé, on approchait la question du développement économique de la Première Nation de Shubenacadie par des entreprises autonomes et des initiatives de création d’emploi. Au fil des ans, la bande a mis en œuvre différents plans de développement commercial : une scierie, une exploitation avicole, une exploitation porcine et une exploitation de germination légumière, une épicerie, un magasin d’équipement pour la pêche, un magasin de matériaux de construction, ainsi qu’une entreprise de formation et de matériaux d’ébénisterie, entre autres. Les meilleures intentions possibles sous-tendaient généralement ces tentatives, mais aucune n’a été une réussite à long terme. On attribue cette situation, notamment, au fait que chacune constituait un projet isolé, sans lien à aucun groupe d’initiatives ou objectif communautaire, à un manque d’appui des consommateurs de la communauté et des environs et aux réalités de l’état de communauté rurale.  

Perspectives d’avenir

De nombreuses possibilités s’offrent à la Première Nation de Shubenacadie dans une perspective de développement économique futur. De l’aménagement immobilier et du développement d’entreprises à Wallace Hills à des possibilités de partenariat et de formation avec le secteur privé, Shubenacadie est bien placé pour se développer sur le plan économique et assurer sa prospérité sur le plan financier. La perception du public est axée sur deux possibilités de développement économique principales :

1.       la création et le développement d’entreprises – qu’elles soient privées ou qu’elles appartiennent à la bande;

2.      la facilitation de liens à l’emploi hors de la réserve.

Afin de garantir la réussite des efforts qu’elle déploiera à l’avenir, la bande doit élaborer une stratégie en fixant clairement ses objectifs et les résultats visés par chaque initiative envisagée. Par exemple, de nombreux obstacles ont été repérés en ce qui concerne l’emploi hors de la réserve, y compris l’accès à des moyens de transport. Assurer l’accès à un moyen de transport à faible coût pour se rendre là où des emplois sont offerts et en revenir pourrait être une façon d’aider les membres de la communauté à trouver un travail rémunéré.

Des initiatives commerciales à Wallace Hills, et peut-être à Grand Lake également, pourraient jouer un rôle important dans le développement économique de la communauté. Bien des détails restent à préciser, mais en plus de constituer une source de revenus pour la bande, de telles initiatives seraient susceptibles de produire des retombées pour la communauté, y compris la création d’emplois, un sentiment de fierté pour les membres de la communauté et un lieu de résidence pour des personnes qui veulent travailler ou étudier dans la région de Halifax.

Forces, avantages et difficultés

Il ressort d’entrevues réalisées avec des informateurs clés que les membres de la Première Nation de Shubenacadie sont perçus comme étant le principal avantage de la bande. La communauté a connu de nombreuses difficultés par le passé, mais les gens ont démontré qu’ils ont du ressort. La communauté est très solidaire, ce qui peut représenter aussi bien une force qu’une difficulté, selon l’attitude dominante envers les relations entre les membres. Les gens sont capables de mettre leurs différences de côté en cas d’urgence, mais il reste que la communauté est divisée sur le plan politique, situation qui s’est avérée néfaste dans une optique de santé et de prospérité. La plupart des gens s’entendent pour dire que l’intention d'éradiquer la pauvreté et de promouvoir le développement économique est un but important, mais les membres de la communauté n’arrivent pas à s’entendre sur le moyen de l’atteindre. Certains sont d’avis que les entreprises privées sont la voie de l’avenir, tandis que d’autres croient que, du point de vue de la production de revenus et de la création d’emplois, des entreprises appartenant à la bande seraient plus avantageuses pour la communauté dans son ensemble.

Les parcelles de terre comme Wallace Hills et Grand Lake, la jeunesse de la population et le fait que celle-ci continue d’augmenter, la proximité relative de Truro et Halifax, ainsi que les revenus que la communauté tire des appareils de loterie vidéo et de la pêche constituent d’autres forces et avantages de la communauté, dont certains ont été abordés plus haut.

La principale difficulté pour la bande consiste à unifier la communauté afin d’élaborer une approche de la gouvernance et du développement économique et d’y donner suite. La division au sein de la communauté et du conseil de bande a paralysé le processus décisionnel, ce qui a amené les conseillers à s’impliquer dans le détail du bien-être de la population qu’ils représentent. Dans les communautés plus harmonieuses, ce sont les employés de la bande qui s’en chargent, en prenant appui sur des règles, des règlements et des procédures établis pour assurer le traitement équitable de tous.

La division de la communauté a également entraîné la méfiance. La population ne fait plus confiance au conseil pour prendre des décisions judicieuses ou même pour assurer la responsabilité financière, pas plus qu’elle ne fait confiance à d’autres représentants de l’autorité ou à des personnes employées par la bande pour gérer les finances et les activités communautaires. Cette méfiance se manifeste en grande partie dans les médias sociaux, où certains expriment constamment des doutes au sujet de décisions prises par les représentants du gouvernement. De plus, les médias sociaux, dont Facebook, continuent de faciliter la diffusion de rumeurs non fondées et de désinformation qui causent des ruptures, de la division et des perturbations. Il s’ensuit que les décisions prises sont souvent infirmées ou rejetées par les membres de la communauté comme par les membres du conseil et que le gouvernement est obligé de reprendre l’étude de la question maintes et maintes fois.

L’absence d’une vision ou d’une stratégie de développement communautaire à laquelle la population accorderait son adhésion et le manque de développement économique ou même de bien-être communautaire compliquent encore les relations et la prise de décisions dans la communauté. Sans une vision et une stratégie établies, les gens n’ont pas d’objectifs cohérents à viser pour guider le processus décisionnel relativement à toute initiative ou activité que propose ou considère le gouvernement.

Conclusion

Dans l’ensemble, la Première Nation de Shubenacadie est prête à devenir prospère. Les ressources humaines sont abondantes au sein de la communauté et elles vont en augmentant, tout comme les possibilités d’emploi hors de la réserve et le développement d’entreprises dans la réserve. Afin d’exploiter ce potentiel et de donner suite à ces possibilités, la bande a besoin d’un plan solide et détaillé, qui reçoive l’appui de tous les membres du conseil et l’adhésion de la communauté. Celle-ci doit désormais établir un climat de confiance, réduire les obstacles à l’emploi et à l’éducation et s’unir autour d’une vision commune du développement économique, de la santé et de la prospérité, une vision qui pourrait en fin de compte mener à un bien-être amélioré et à une meilleure qualité de vie pour la communauté entière. 

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