Opitciwan, QC

Profil historique

Le village d’Opitciwan était situé auparavant à la pointe de Mékiskan, un lieu accessible par voie d’eau, à une heure de canot de celui que la communauté occupe aujourd’hui. Les familles étaient nomades et le troc, le commerce des fourrures et l’exploitation du bois étaient au cœur de l’activité économique. L’ouverture du poste de la Compagnie de la Baie d’Hudson a attiré quelques familles, qui se sont installées dans les environs pour y faire la traite des fourrures, mais aussi pour s’alimenter. En 1919, de nombreuses familles se sont établies à la pointe, non loin du lieu où se trouve la communauté aujourd’hui. Il y avait beaucoup de maisons, à l’époque, ainsi qu’une église et un magasin général. Un an plus tard, en 1920, la communauté a été inondée pour constituer le réservoir du barrage Gouin, ce qui a obligé les familles à se rapprocher de la baie. Les gens se sont installés tranquillement sur le territoire où se joignent les rivières en crue, d’où le nom « Opitciwan ».

Opitciwan, qu’on appelle aussi Obedjiwan, est l’une des communautés atikamekw établies sur le territoire ancestral du Nitaskinan. 

Territoire du Nitaskinan
Source : www.opitciwan.ca

La Nation Atikamekw est répartie en trois communautés : Manawan, Wemotaci et Obedjiwan-Opitciwan. Atikamekw signifie « poisson blanc »; le nom fait référence au corégone, appelé aussi poisson blanc, une espèce consommée depuis des temps immémoriaux. Il y a six saisons dans la culture atikamekw : le pré-printemps (mars-avril), le printemps (mai-juin), l’été (juillet-août, l’automne (septembre-octobre), le pré-hiver (novembre-décembre) et l’hiver (janvier-février).

Opitciwan est la prononciation exacte du nom dans la langue ancestrale des Atikamekw, ce qui signifie « le lieu de rencontre des rivières qui montent ». Aujourd’hui, la culture et les traditions sont centrées sur le bien-être. La réappropriation de la roue de médecine est l’une des approches culturelles adoptées par la population. L’artisanat demeure une des richesses particulières de la communauté, comme le démontrent les paniers et les canots en écorce de bouleau ornés de magnifiques dessins. 

Artisanat
Source : www.opitciwan.ca

Le tannage des peaux d’orignal est encore pratiqué aujourd’hui et les peaux d’orignal servent à la confection de mitaines et de mocassins. 

Tannage de peaux d’orignal
Source : www.opitciwan.ca

 La peau d’orignal est utilisée pour la confection de mitaines et de pantoufles.

Artisanat
Source : www.opitciwan.ca

La cueillette des bleuets est une activité traditionnelle pour certaines familles, qui pratiquent également le piégeage, la pêche et la chasse.

En 2006, la langue ancestrale était parlée régulièrement par 96 % de la population totale, et le français était la langue seconde. L’enseignement se fait en français.  


Emplacement 

Opitciwan est située au cœur de la province de Québec, plus précisément au nord du réservoir Gouin, dans la région de la Mauricie. On peut s’y rendre par un chemin forestier de 166 kilomètres, qui relie la réserve à la route 167, au Lac-Saint-Jean. On peut également aller à Opitciwan en passant par La Tuque (route forestière no 10) et par Chibougamau (route forestière Barrette-Chapais). 

Emplacement d’Opitciwan
Source : Google Maps

À la croisée des chemins, vers Opitciwan
Source : Aviva, site Web d’Innu Meshkenu 

Emplacement d’Opitciwan
Source : site Web de Radioâ��Canada 


Population et conditions de vie

D’après le Recensement, la population d’Opitciwan en 2011 se chiffrait à 2 031 âmes. L’âge moyen de la population était de 20 ans. La communauté est jeune; il y a une forte concentration du groupe d’âge de zéro à 20 ans et il y a plus d’hommes que de femmes. En ce qui concerne le logement, les maisons de la communauté sont surpeuplées. Selon les données de 2006 du ministère des Affaires indiennes (maintenant Affaires autochtones et Développement du Nord Canada) et l’évaluation des besoins en matière de logement réalisée par l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, la communauté a besoin de 356 nouvelles unités d’habitation. 


Infrastructure

Grâce à l’accès par la route et les rues de la communauté, Opitciwan est dotée de nombreuses infrastructures qui assurent la qualité des services. Il y a un centre administratif, où sont groupés les différents secteurs de service afin de mieux répondre aux besoins de la clientèle. 

Siège du Conseil des Atikamekw d’Opitciwan
Source : www.opitciwan.ca

Le centre de santé offre des soins infirmiers, des soins à domicile, ainsi que des services de suivi et de consultation en matière de santé physique et mentale. 

Services de santé d’Opitciwan
Source : www.opitciwan.ca

Il y a deux écoles : l’école primaire Niska, qui offre des services d’enseignement du premier au troisième cycles, et l’école secondaire Mikisiw, où se donne l’enseignement du présecondaire au secondaire 5; l’école offre aussi des cours de menuiserie et de foresterie axés sur le marché du travail. 

École secondaire Mikisiw
Source : www.opitciwan.ca

École primaire Niska
Source : www.opitciwan.ca

Le poste de police compte de nombreux agents qui assurent le maintien de la paix, de l’ordre et de la sécurité dans la communauté, tout en faisant la promotion de la prévention du crime et du respect des principes de la justice légale. 

Poste de police d’Opitciwan
Source : www.Opitciwan.ca

La station-service fournit de l’huile, du gaz propane et de l’essence. Le centre de la petite enfance, régi par le ministère de la Famille, compte 160 places pour les enfants de 3 à 48 mois afin de répondre aux besoins des usagers. Le centre sportif répond aux besoins d’activités de loisirs. La Maison des jeunes, de construction récente, a pour mission d’assurer aux jeunes un lieu de mobilisation. 

Maison des jeunes d’Opitciwan
Source : le journal Petapan d’Opitciwan 

Une remorque assure la continuité des activités de formation commerciale en matière de sécurité du revenu par des services de traiteur et des services de couture. Tepatcimo Kitotakan, la station de radio communautaire, diffuse de l’information à tous les ménages de la communauté. 

Magasin général Axep
Source : le journal Petapan d’Opitciwan 


Administration publique

 

Le conseil de bande assure non seulement la qualité des services à ses membres, mais il s’occupe aussi de l’aspect politique. Un chef et six conseillers sont élus démocratiquement pour un mandat de quatre ans. C’est avec le conseil de bande que le gouvernement fédéral traite de toute question résultant des décisions sur la répartition du budget opérationnel et les dossiers d’infrastructure. Tout l’argent d’Affaires autochtones et Développement du Nord Canada et de tout autre bailleur de fonds est administré directement par le conseil de bande, aux termes d’une procédure d’accord appuyée par une résolution. C’est également le conseil qui s’occupe des transactions internes, comme les paiements de loyer, le service Internet, les demandes de facture concernant le conseil et les services externes. 


Activité économique

La plus grande partie de l’activité économique a lieu dans le secteur public. En effet, 70 % des activités sont concentrées dans ce secteur, malgré le fait que le secteur privé a aussi son rôle à jouer. Le secteur privé a créé un partenariat limité avec l’entreprise de produits forestiers Résolu (www.pfresolu.com). La communauté a connu un développement considérable depuis la création de ce partenariat. Une autre société mixte, les Produits forestiers d’Opitciwan, offre des services de logement et de traiteur aux travailleurs et aux entrepreneurs forestiers. La station-service est gérée par le développement économique. Axep, le magasin général, contribue à l’activité économique.

La création d’une entreprise forestière coopérative, la Coop Inter-Nations, a engendré la création de plusieurs nouveaux emplois. De plus, un accord intervenu entre une entreprise forestière et une famille a entraîné la conclusion de contrats et la création d’emplois, en plus de l’avènement de cette nouvelle entreprise familiale.

 

L’initiative de deux familles a abouti à l’établissement d’un service de casse-croûte. Les revenus de la plupart des familles proviennent de ces activités, dans le secteur public ou dans le secteur privé.